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Les Enjeux Éthiques De La Contrainte Budgétaire Sur Les Dépenses De Santé En Milieu Hospitalier

L’augmentation des dépenses en santé, qui représentent 10% du produit intérieur brut (PIB) mondial, est plus rapide que la croissance de l’économie mondiale. Selon un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les dépenses en santé dans le monde, celles-ci augmentent rapidement, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’augmentation est de 6% par an en moyenne contre 4% dans les pays à revenu élevé. Les dépenses en santé sont assumées par les administrations publiques, par les individus qui paient leurs propres soins (paiements directs) et par d’autres entités telles que les régimes d’assurance-maladie facultative, les régimes prévus par les employeurs et les organisations non gouvernementales. Les dépenses en santé d’un pays sont assumées à 51% en moyenne par les administrations publiques et à plus de 35% par les individus sous forme de dépenses directes. L’une des conséquences de cette situation est que, chaque année, 100 millions de personnes plongent dans l’extrême pauvreté. (OMS, 2019)

Les problèmes éthiques posés par la contrainte budgétaire en milieu hospitalier, notamment en matière d’arbitrage des traitements particulièrement coûteux ou des interventions très lourdes que pose en filigrane notre sujet est d’une importance capitale. En effet l’OMS Afrique et le Fond des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) ont organisé en accord avec les ministres de la Santé des États membres, une conférence qui s’est tenue à Bamako en septembre 1987 (OMS, 1978). Cette conférence visait à repenser la stratégie des soins de santé primaires (SSP[1]). À son terme, une nouvelle politique d’accès aux SSP a été adoptée. L’Initiative de Bamako (IB) annonçait la fin de la gratuité des soins et des services de santé, signant ainsi l’introduction du recouvrement des coûts. Pauvres, comme riches, étaient désormais appelés à payer eux-mêmes leurs dépenses de santé. Telle est depuis, la réalité que présentent les systèmes de santé des pays africains situés au sud du Sahara (Akin, Birdsall, & De Ferranti, 1987). Après plusieurs décennies de mise en place de cette stratégie qui devait être salutaire,

les données sont claires sur ses effets néfastes concernant l’équité[2] d’accès aux services de santé en Afrique Subsaharienne (Ridde & Blanchet, 2009). L’initiative de Bamako adoptée par ces pays n’a pas facilité, dans son application, l’accès aux soins de santé des populations et en particulier des plus pauvres[3].

Depuis septembre 1989, le Cameroun a aussi réformé son système de santé et appliqué des résolutions de l’initiative de Bamako (Kondji, 2005). Malgré la gratuité de l’immunisation infantile et des soins destinés aux malades chroniques, et le fait que des efforts ont été fournis par les autorités sanitaires camerounaises pour diminuer les coûts des services, les couches de la population les plus pauvres éprouvent toujours des difficultés dans l’accès aux SSP.

Papier pour la conférence académique internationale tenue par Onana Akoa François Anicet Ce 20/02/2021

Author: Onana Akoa François Anicet

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