RUFSO

Formuler Des Strategies Pour Le Relevement D’un Secteur De La Sante En Crise

Le Burkina Faso était l’un des pays de la sous-région africaine dont les performances en surveillance épidémiologique étaient très appréciées. En effet, depuis les années 2000, le pays a toujours atteint ses performances en surveillance épidémiologique. Aussi, le système d’alerte était très sensible que toutes les épidémies ont été détectées dans les meilleurs délais et des décisions ont été prises pour une riposte. Ce qui avait permis au pays d’être classé par les plus performants en matière de surveillance épidémiologique. Les performances de la surveillance reposaient d’une part sur un système de santé bien structuré du niveau stratégique jusqu’au niveau communautaire, avec à chaque niveau un personnel chargé d’assurer les activités de la surveillance. En plus, les définitions de cas étaient sensibles et faciles à retenir si bien que le moindre cas était détecté. Des supervisions formations étaient réalisées à tous les niveaux pour non seulement suivre la mise en œuvre des activités sur le terrain mais aussi et surtout renforcer les compétences des acteurs dans le domaine. Les directives de la surveillance étaient régulièrement révisées et mises à la disposition des acteurs de terrain.

Mais depuis l’année 2015, le pays n’arrive plus à maintenir les acquis de la surveillance et pire on assiste à une baisse significatives de ces performances. Cette situation interpelle plus d’un sur les problèmes que connaisse la surveillance.

Cette situation sanitaire préoccupante s’explique en partie par les perturbations sur le plan sécuritaire qui a touché marquée par le déplacement massif des populations vers les régions du Centre, Centre-Ouest, Centre-Nord et le Centre-Est, la fermeture de plus de 120 centres de santé, la restriction de la couverture sanitaire dont les activités de la surveillance. A ceci s’ajoute les troubles sociaux caractérisés de multiples grèves des fonctionnaires de santé. Cette situation a eu un impact négatif sur la mise en œuvre, le suivi et la collecte des données sur la surveillance. En effet, certains acteurs ne transmettaient les données de la surveillance à la hiérarchie. Aussi, la fermeture des centres de santé ont eu pour conséquences l’arrêt des activités de la surveillance épidémiologique.

La manifestation de la défaillance du système de surveillance est la circulation du poliovirus dérivé d’une souche vaccinale depuis 4 ans dans le pays et le premier cas de cette maladie d’origine burkinabè a été détecté au TOGO en décembre 2019. Ce qui prouve que la surveillance n’était menée dans les formations sanitaires. Par la suite, la surveillance a été renforcée avec l’appui de l’OMS et en ce jour, 64 cas de poliomyélite dérivés ont été notifiés.

Que faut-il faire face à une telle situation afin de rétablir le système de surveillance au Burkina Faso et spécifiquement dans les zones à sécurité compromise ? C’est la réponse à cette que nous allons tenter d’apporter des réponses adaptées dans les prochaines étapes.

Papier pour la conférence académique internationale tenue par CONOMBO Mady ce 20/02/2021

Author:CONOMBO Mady

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